Patapon : Réparer les mailles, Transformer les hommes
Il y a des retraites qui ne sont pas des fins, mais des nouveaux départs. Pour Brigitte et Pierre, ce chapitre s’écrit avec la force de l’expérience et l’urgence d’agir face à un constat partagé : malgré les années, la violence de genre trouve encore trop de failles où s’immiscer.

Brigitte : La sentinelle du terrain
L’histoire de Brigitte commence sur le front social, là où le silence est lourd. Pendant quinze ans, elle a accompagné des familles et des mères isolées, recueillant les confidences de celles qui subissaient la violence dans l’ombre de leur foyer. Ce qui l’a marquée à jamais, c’est cette « honte » et cette « culpabilité » que les victimes exprimaient une fois le premier mot lâché.
Pionnière, elle participait déjà aux premières écoutes téléphoniques nocturnes et relevait le défi de former les policiers à ces réalités alors méconnues. Devenue responsable de territoire de service social, elle a géré l’urgence et la protection des plus vulnérables. Mais après des années de réseau intense, le constat reste amer : il y a toujours des « trous dans la raquette ». Les financements vacillent, la prévention manque de souffle, et l’envie d’agir de Brigitte, elle, reste intacte.

Pierre : Déconstruire pour reconstruire
Le parcours de Pierre est celui d’une métamorphose. Chimiste et ingénieur en informatique de formation, c’est l’épreuve d’un cancer qui l’a poussé à réaligner sa vie sur l’humain. Devenu psychologue clinicien, il s’est armé d’outils thérapeutiques issu des TCC de 3ème génération comme ACT et MBCT et aussi l’EMDR pour traiter les traumatismes.
En s’engageant comme bénévole pour l’association « Mon âme sœur », Pierre a vu la réalité brute des violences conjugales. Mais son regard d’homme a perçu une dimension souvent passée sous silence : « la racine systémique du mal ». Il a observé que ces violences dépassent le cadre du couple pour s’ancrer dans une culture de la domination.
En collaborant avec diverses associations, Pierre a fait un constat frappant : il était souvent le seul homme au milieu de groupes majoritairement féminins luttant pour leurs droits. Cette solitude l’a poussé à une profonde réflexion sur la « masculinité toxique ». Face aux régressions des droits des femmes observées mondialement, il a compris que le combat ne pouvait plus être mené uniquement par les victimes. Il est devenu vital pour lui d’agir sur la source : déconstruire les mécanismes du patriarcat et engager les hommes dans une redéfinition de leur identité.

La rencontre : Une alliance thérapeutique et sociale
L’association « Patapon » est née de cette fusion nécessaire. Là où Brigitte apporte sa vision systémique du territoire, Pierre apporte sa finesse clinique et son regard engagé sur les questions de genre.
Tous deux experts en « Appreciative Inquiry », ils ont décidé de ne plus seulement panser les plaies, mais de transformer le système. Leur projet est un pont entre deux mondes :
- « L’action curative » : Utiliser des thérapies brèves et ciblées pour relever ceux que la violence a mis à terre.
Accompagnement des victimes - « L’action préventive et militante » :
- Intervenir auprès de différents publics pour déconstruire les préjugés, combattre activement la masculinité toxique dès la racine.
- Alerter et nommer les violences de genre. Former et informer pour activer les ressources des individus et des collectifs
- Prévention & sensibilisation
Pourquoi « Patapon » ?
Ce nom évoque la résilience et une pointe de légèreté nécessaire pour porter des sujets si graves. C’est leur promesse de ne plus laisser personne passer à travers les mailles du filet. Mais pour connaître le secret de ce nom, il faudra venir à leur rencontre…

